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Biologie Hématologique

Biologie Hématologique

Innovations 2022 en Biologie hématologique
Véronique Deneys1, Antoine Buemi2*, Virginie Chapelle1, Tom Darius2*, Martine De Meyer2*, Arnaud Devresse2,3*, Yannick France2*, Valérie Dumont2, Thibaut Gervais1, Eric Goffin3*, Louise Guillaume, Nada Kanaan³*, Youssra Khaouch1, Catherine Lambert1*, Urs Février 2023

L’année 2022 a été celle du retour progressif à la normale après la pandémie COVID-19. Une occasion d’optimiser les processus parfois mis à mal et de mettre à jour les procédures. Une opportunité de se lancer dans de nouveaux défis : réfléchir à l’acquisition de nouveaux équipements pour les années à venir, à l’implémentation de nouvelles techniques plus sensibles, plus rapides, mieux adaptées aux besoins des prescripteurs.

Au sein du Laboratoire d’hématologie spéciale, et en particulier dans le secteur de l’hémostase spécialisée, l’automatisation du dosage de la protéine ADAMTS13 était indispensable pour le diagnostic et le suivi biologique des patients présentant un purpura thrombotique thrombocytopénique immun (PTTi). Le décours de cette affection, peu fréquente, peut être rapidement péjoratif en l’absence d’un diagnostic précoce et d’une prise en charge adaptée, guidée par le dosage d’ADAMTS13. Ce dernier permet également d’identifier les patients à risque de rechute qui doivent ainsi bénéficier d’un traitement préventif.

La détermination des groupes sanguins érythrocytaires s’effectue la plupart du temps sans difficulté, par des techniques sérologiques. Cependant, dans certaines situations, il est nécessaire de recourir à des techniques de biologie moléculaire. Le Laboratoire d’immunohématologie – biologie moléculaire a implémenté une technique de PCR en temps réel qui permet de réaliser un génotypage érythrocytaire très étendu et de détecter des variants antigéniques passés inaperçus en technique sérologique. Il s’agit d’un outil indispensable pour la détermination de groupes sanguins chez des patients polytransfusés et pour la sélection de poches pour des personnes ayant un groupe sanguin variant ou en délétion.

On sait depuis plus de 50 ans que le système HLA joue un rôle central dans l’immunité humaine et qu’il constitue aussi l'un des principaux obstacles à la transplantation d’organe. L’implication des anticorps anti-HLA dans le rejet précoce et tardif est indiscutable. Le Laboratoire d’immunologie leuco-plaquettaire a implémenté en 2021 un nouveau test pour une identification plus spécifique des anticorps anti-HLA cliniquement plus pertinents, permettant de faciliter l’attribution d’un greffon. Durant cette année 2022, les dossiers des patients en attente d’une greffe rénale et qui présentaient des anticorps anti-HLA ont été revus et des contrôles ont été réalisés sur d’anciens sérums en utilisant la nouvelle technique. Ceci a permis de retirer des spécificités anticorps « interdites » chez plus de la moitié des patients augmentant ainsi leur chance de bénéficier d’un greffon compatible. Six patients ont reçu un greffon rénal portant un antigène HLA précédemment répertorié comme interdit avec l’ancienne technologie et retiré après la révision. Actuellement, ces patients ont, tous, montré un greffon fonctionnel sans complication immunologique. Ces résultats seront présentés au congrès de l’EFI (European Foundation for Immunogenetics) en avril 2023.

Bien que la transfusion soit une procédure thérapeutique courante et bénéfique pour le patient, elle peut s’accompagner de réactions transfusionnelles. Le diagnostic de celles-ci est parfois flou et malaisé. Le secteur Hémovigilance de la transfusion a dessiné de nouveaux algorithmes décisionnels à partir de la symptomatologie majeure présentée par le patient et du composant sanguin incriminé dans la réaction. Ces algorithmes ont pour but d’orienter vers un diagnostic et, pour ce faire, de déterminer les contrôles et les tests de laboratoire qui doivent être réalisés dans chaque situation. Ces algorithmes ont fait l’objet d’une publication dans la revue de la Société Francophone de Transfusion Sanguine.

Bien que des prémices le laissaient suspecter déjà en 2021, la situation de l’approvisionnement en concentrés érythrocytaires de groupe sanguin O négatif s’est encore fortement aggravée durant l’année 2022. La Banque de sang, en concertation avec la direction médicale et le Comité de transfusion, a dû y faire face en mettant en place différentes actions pour tenter d’endiguer l’« hémorragie ». Ceci fait l’objet d’une procédure particulière : mise en place d’indicateurs très stricts et surveillés de façon très étroite, priorisation des indications transfusionnelles, distribution unitaire exclusive (en dehors des situations hémorragiques), décision médicale de transfuser des concentrés érythrocytaires Rh positifs à des receveurs Rh négatifs. Diverses évaluations très précises de cette situation sont encore en cours et seront soumises prochainement à publications. Une action concertée a été mise en place au sein des hôpitaux du réseau et des initiatives sont également prises au niveau national.

Finalement, l’année 2022 a également été celle de la publication d’une nouvelle directive européenne et de nouveaux standards EDQM (European Directorate for the Quality of Medicines) définissant désormais le sang comme SoHO (Substance of Human Origin), au même titre que les cellules et les tissus. C’est la raison pour laquelle, il a été décidé que la Banque de sang et le laboratoire d’immunologie érythrocytaire rejoignaient le Département des Banques le 1er janvier 2023.

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Biologie Hématologique

Une équipe reconstruite et redynamisée
Véronique Deneys, Bénédicte Brichard*, Alice Brochier, Julien Cabo, Katherine Carkeek*, Virginie Chapelle, Corentin Deckers, Anabelle Decottignies*, Jean-Philippe Defour*, Antoine Froidure*, Thibaut Gervais, Claudine Guerrieri, Salwa Hamdash, Sarah Peerae Février 2022

En 2021, un vent nouveau de créativité et de dynamisme a soufflé au sein du service grâce à l’arrivée de deux nouveaux collaborateurs médicaux.

Au sein du laboratoire d’hématologie spéciale, les protocoles diagnostiques en morphologie et en cytométrie de flux sont revus au fur et à mesure et les recommandations pour la recherche et l’interprétation des schizocytes ont été mises à jour. La recherche du syndrome des télomères courts par la technique de Flow-Fish a pris son essor et les indications cliniques sont de plus en plus nombreuses (fibrose pulmonaire, aplasie médullaire, …). Les résultats sont critiques pour la prise en charge des patients et pour le conseil génétique familial.

Le séquençage à haut débit (NGS) révolutionne depuis quelques années la pratique médicale de routine dans le domaine de l’hémato-oncologie. Ce séquençage ciblé permet la recherche de marqueurs à valeur diagnostique, pronostique ou thérapeutique et ouvre ainsi la voie à une médecine plus personnalisée. Le laboratoire de biologie moléculaire hématologique a continué à mettre la technologie au point et peut désormais réaliser un NGS pour l’ensemble des pathologies hémato-oncologiques prévues dans la convention INAMI. Les efforts seront également poursuivis pour développer dans le futur la technique de séquençage de l’ARN conseillée depuis le 1/1/2022 pour 2 pathologies en onco-hématologie.

Le système HLA joue un rôle central dans l’immunité humaine mais il constitue aussi l'un des principaux obstacles à la transplantation d’organe. L’implication des anticorps anti-HLA dans le rejet précoce et tardif est indiscutable. Le laboratoire d’immunologie leuco-plaquettaire a implémenté un nouveau test pour une identification plus spécifique des anticorps anti-HLA cliniquement plus pertinents, permettant de faciliter l’attribution d’un greffon.

Le COVID-19 n’a pas épargné le service de Biologie hématologique et a joué les trouble-fête à la Banque de sang. Non seulement les besoins transfusionnels de certains patients atteints du Sars-CoV-2 ont été assez conséquents, mais le laboratoire d’immunologie érythrocytaire a été confronté à la mise en évidence d’auto-anticorps anti-érythrocytaires induits par le virus, interférant avec les tests de routine et rendant de ce fait la recherche de sang compatible parfois très complexe.

Un des objectifs 2021 du Comité de Transfusion a été de développer le « Patient Blood Management » (PBM) au sein des différents services des Cliniques universitaires Saint-Luc. Le service de néonatologie a été choisi comme service pilote : la volonté a été de s’atteler au deuxième pilier du PBM, c’est-à-dire la diminution des pertes sanguines par la réduction des prélèvements sanguins chez les tout-petits. Un organigramme décisionnel a été établi, présenté aux équipes médicales et soignantes de pédiatrie et implémenté.

Ces différentes initiatives sont le fruit du travail des différentes équipes du service, ayant toujours pour objectif le respect du patient et la volonté de lui offrir une prise en charge optimale.

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