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Économie de la santé

Garde hospitalière : la solidarité est souvent payante !
Olivier S Descamps, Marie Boland, Alexandre Niset, Annaelle Doyen, Simon De Vetter, Nora El Khawand, Julie Harmant, Inès Thiebaut, Sarah Will, Rayane Laghmiche, Hugo Pierret, Victor Simon Avril 2024

Le présent article tente de résoudre une controverse. Posons un hôpital avec 20 médecins assistants candidats cliniciens spécialistes (MACCS) dont 10 plus jeunes (juniors) sont en année de tronc commun de médecine interne générale (par exemple) et 10 autres (seniors) sont en année de spécialisation plus spécifique (cardio, gastro, pneumo, …). Ces MACCS sont répartis dans divers services composés pour chacun de 1 à 5 MACCS avec une proportion variable de juniors et seniors. Chaque nuit ou week-end, un de ces médecins doit être de garde pour assurer la permanence des soins des patients de l’hôpital et récupère la journée qui suit. Une discussion s’amorce, pour savoir si les MACCS seniors devraient participer autant que les plus jeunes à la garde. Ils sont rémunérés 12% de plus que les jeunes et assistent, durant la journée dans le cadre de leur formation, les médecins pour la réalisation des examens techniques. Va-t-il en coûter plus à l’institution si les 10 seniors participent aux gardes générales ? Et comment leur absence (récupération) va-t-elle affecter leur temps de travail et de formation ? Les services qui accueillent de nombreux seniors ne risquent-ils pas d’être défavorisés ? Quelles seraient vos réponses à ces questions ? Certains se montreront plutôt pessimistes, mais qu’en est-il réellement ?

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Neurologie

Des modifications post-traductionnelles de la protéine tau...
Nathalie Kyalu Ngoie Zola, Clémence Balty, Emilien Boyer, Adrian Ivanoiu, Didier Vertommen, Bernard Hanseeuw, Marc Gobert Avril 2024

Les maladies neuro-dégénératives sont des affections cérébrales acquises et progressives touchant un nombre croissant de personnes suite au vieillissement de la population. Sur le plan clinique, elles se distinguent par différent symptômes selon les régions cérébrales touchées. Sur le plan biologique, il s’agit de protéinopathies, c’est-à-dire que ces maladies se définissent par l’aggrégation de certaines protéines cérébrales. Dans la maladie d’Alzheimer, la protéine amyloïde s’aggrège sans donner de symptômes, mais elle favorise l’aggrégation de la protéine tau, qui est symptomatique. Même si la tauopathie de la maladie d’Alzheimer commence typiquement dans le lobe mésio-temporal responsable de l’encodage des nouvelles informations en mémoire, cette tauopathie peut rarement débuter dans d’autres régions cérébrales et donner alors d’autres symptômes. On parle de maladie d’Alzheimer atypique, dont le diagnostic clinique est impossible sans confirmation biologique.

D’autres maladies neuro-dégénératives se caractérisent par l’agrégation de la protéine tau. Le terme « tauopathie » regroupe l’ensemble de ces maladies. Typiquement, elles commencent dans d’autres régions cérébrales que le lobe mésio-temporal, mais rarement elles peuvent mimer une maladie d’Alzheimer. La concordance entre le type de pathologie et les régions cérébrales touchées étant imparfaite, le développement d’outils biologiques (=biomarqueurs) est critique pour la recherche clinique sur les maladies neuro-dégénératives. Cela est d'autant plus vrai que des traitements étiologiques distincts devront être vraisemblablement proposés pour guérir ces maladies car les modifications biologiques survenant sur la protéine tau diffèrent d’une maladie à l’autre (conduisant à des agrégats différents lors d’analyse histologique). Si la maladie d’Alzheimer peut maintenant être diagnostiquée « in vivo » sur base d’une étude du liquide céphalo-rachidien, cela n’est pas encore le cas des autres tauopathies.

Les anomalies histologiques cérébrales ont permis de distinguer les tauopathies sur base de l’observation d’aggrégats de protéine tau anormale phosphorylée 3R ou 4R (cette dénomination 3R vs 4R correspondant au type d’isoforme de la protéine tau). Dans la maladie d’Alzheimer, tous les isoformes s’aggrègent, alors que dans les autres tauopathies un seul type d’isoforme s’aggrège. Malheureusement, il n’a jamais été possible de distinguer les tauopathies sur base de mesures des isoformes de tau dans le liquide céphalo-rachidien.

L’article ci-dessous présente une étude biochimique de la protéine tau et de ses modifications post-traductionelles. Elle ouvre la voie à une confirmation du diagnostic des tauopathies non-Alzheimer du vivant du patient et ainsi d’établir un diagnostic biologique. Du point de vue clinique, cela permettrait de mieux connaître ces maladies, leurs évolutions et leurs pronostics respectifs tant pour le patient lui-même que pour sa famille. Sur le plan de la recherche, elle devrait permettre de faire précocement rentrer ces patients dans des essais thérapeutiques. Cette avancée pourrait également permettre de mieux comprendre le rôle exact de la protéine tau et de l’associer aux autres avancées notamment génétiques de ces maladies afin de pouvoir peut-être les diagnostiquer ultérieurement à un stade pré-clinique. Par le biais de cette étude, les tauopathies entrent donc dans une nouvelle ère, passant progressivement d’une classification clinico-histologique post-mortem à une classification clinico-biologique « in vivo ».

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Publication des résultats des soins : opportunité ou menace...
Guy Durant Avril 2024

La séance de ce 16 février, à Mons, du 57e Cycle de perfectionnement en Sciences hospitalières de l’UCLouvain, a traité de l’importante question : « Publication des résultats des soins : opportunité ou menace pour les hôpitaux ? »

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Le monde à venir
Jean-claude Debongnie Avril 2024

Les crises (Covid–Ukraine–climat …) sont des moments critiques, des moments d’interrogations sur le futur (sans être de la futurologie). Ces ouvrages nous font réfléchir sur les évolutions possibles ou peut-être nous préparent à une révolution inéluctable

 

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Vers un renouveau
Franz Philippart Avril 2024

L’histoire de la médecine serait-elle une discipline volage qui, à tire d’aile, traverse le ciel des Asclépiades actuels ? Certes, elle a porté aux nues certaines vedettes qui tinrent longtemps la corde, tels Hippocrate (460-377 av. J.-C.) et Claude Galien (129-201) encore en vogue au XVIIIe siècle, sans oublier quelques brillantes étoiles filantes comme André Vésale (1514-1564) et William Harvey (1578-1657). Après un bref intérêt pour le lit du malade, elle s’est ruée sur de nombreux appoints techniques qui font son succès présent.

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Catherine Lambert, entre deux passions, l’hématologie et l...
Maurice Einhorn Avril 2024

Pre Catherine Lambert, Cliniques universitaires Saint-Luc Service d’Hématologie Unité d’Hémostase-Thrombose B-1200 Bruxelles

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Discours du Pr Didier Lambert, Recteur de l’UCLouvain
Didier Lambert Avril 2024

Monseigneur, Excellences, Très chers docteurs honoris causa, Professeur Benhabib, Madame Kachinadamoto, Monsieur Foccroule, bienvenue Chers membres des deux communautés universitaires de l’UCLouvain et de la KU Leuven, Chers collègues, Chères étudiantes et chers étudiants, Madame Monsieur, Voir loin, être proche est le thème de l’année académique à l’UCLouvain. Nous l’avions annoncé à la rentrée académique en septembre dernier au moment de célébrer la fusion tant espérée avec Saint Louis à Bruxelles.

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Editorial
Avril 2024

Vous avez en main le numéro de printemps de l’Ama Contacts. Il se veut à nouveau une partition harmonieuse qui nous renvoie chacun·e à nos racines de Médecin Ancien de l’UCLouvain…

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Avril 2024

Vous avez en main le numéro de printemps de l’Ama Contacts. Il se veut à nouveau une partition harmonieuse qui nous renvoie chacun·e à nos racines de Médecin Ancien de l’UCLouvain…

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RESUMES asbl (Réseau Multidisciplinaire d’Échange Scientifique)

Obésité : pluri et interdisciplinarité
Pauline Gérard, Audrey Goffaux Avril 2024

Cet article synthétise les messages les plus pertinents partagés lors du symposium annuel de RESUMES asbl (Réseau Multidisciplinaire d’Échange Scientifique) consacré à l’obésité. Ce thème a été abordé à travers 10 disciplines telles que la pédiatrie, la neurologie, la médecine interne, la diététique, … En Belgique, 15,9% des adultes sont obèses, menant chaque professionnel de santé à être régulièrement confronté aux conséquences de l’obésité que cet article tente de revoir dans ses multiples dimensions et de façon pratique.

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18e Congrès UCL d’Endocrino-Diabétologie - Mars 2024

Gestion des pénuries des médicaments en diabétologie
Régis P Radermecker Avril 2024

Les pénuries de médicaments sont de plus en plus fréquentes. La diabétologie est également grandement affectée. Les raisons des pénuries sont multiples et complexes et peuvent apparaître à toutes les étapes du circuit du médicament. Outre le surcoût engendré, ces pénuries sont responsables de stress pour les patientes et de potentielles erreurs aux conséquences néfastes.

Des pistes de réflexion sont en cours.

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18e Congrès UCL d’Endocrino-Diabétologie - Mars 2024

Les nouveaux médicaments de l’obésité : un changement de...
Jean-Paul Thissen Avril 2024

Les agonistes du récepteur du GLP-1 (GLP-1RAs) représentent la classe de médications la plus étudiée pour le traitement de l’obésité. Ces molécules induisent une perte de poids importante et une amélioration des comorbidités associées à l’excès de poids. La perte de poids résulte quasi exclusivement d’une réduction de l’apport calorique. Les GLP-1RAs se caractérisent par une bonne tolérance et un profil de sécurité satisfaisant. Les molécules en cours de développement visent à amplifier la perte de poids notamment en ciblant d’autres récepteurs et à améliorer la compliance des patients. Leur utilisation soulève de nombreuses questions (coût et remboursement éventuel, durée d’utilisation, sécurité à très long terme, place par rapport au traitement hygiéno-diététique, place par rapport à la chirurgie bariatrique,…). Même si toutes ces questions méritent d’être adressées, il n’en demeure pas moins, qu’après des décennies d’échecs, un changement de paradigme se dessine dans la prise en charge de l’obésité.

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18e Congrès UCL d’Endocrino-Diabétologie - Mars 2024

Directives de traitement du diabète de type 2
Michel P. Hermans Avril 2024

Les nouvelles directives conjointes de l’ADA-EASD et celles de l’EAS ont mis à l’avant-plan la personnalisation du choix de l’utilisation privilégiée des molécules des classes des GLP1-RA et des SGLT2-i avec bénéfices cardio-rénaux démontrés au-delà de leurs effets hypoglycémiants et pondéraux chez les patients DT2 avec atteinte CV avérée ou risque cardio-rénal élevé. Pour les patients DT2 insulino-traités qui bénéficient d’une mesure continue du glucose interstitiel remboursée depuis 2023, des objectifs glucométriques bien définis ont été proposés, au-delà de la mesure usuelle de l’HbA1c. L’évaluation du risque CV à 10 ans est également possible chez les patients DT2 en prévention primaire cardio-rénale à l’aide d’un calculateur spécifique européen récemment introduit (SCORE2-Diabetes).

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18e Congrès UCL d’Endocrino-Diabétologie - Mars 2024

Stéatose hépatique : ce que l’endocrinologue doit savoir
Nicolas Lanthier Avril 2024

La maladie stéatosique du foie liée à une dysfonction métabolique (MASLD) est une affection fréquente chez le patient présentant un syndrome métabolique et, a fortiori, un diabète de type 2. Des outils simples sont disponibles pour nous indiquer la sévérité de la maladie qui doit être évaluée en pratique courante.

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Hépato-gastroentérologie

Transplantation, MICI et stéatose hépatique : quelques...
Géraldine Dahlqvist, Olivier Dewit, Nicolas Lanthier, Peter Stärkel Février 2024

L’année 2023 a comporté plusieurs mises au point et avancées en hépato-gastro-entérologie. L’impact délétère de la fragilité et de la sarcopénie sur le pronostic des patients atteints de cirrhose et en liste de transplantation étant clair, un trajet de soins de pré-habilitation à la greffe et réhabilitation jusqu’à deux années post-greffe hépatique a vu le jour. Il comprend une évaluation nutritionnelle et fonctionnelle complète des patients et offre une meilleure prise en charge diététique, kinésithérapeutique et psycho-sociale. Pour les maladies chroniques intestinales, deux nouveaux médicaments sont désormais disponibles : le risankizumab dans la maladie de Crohn et l’upadacitinib dans la rectocolite. Leur bénéfice et leur place parmi les nombreux autres traitements disponibles sont présentés. Enfin, une uniformisation de la nomenclature des maladies hépatiques stéatosiques a été publiée et acceptée par les sociétés scientifiques. Les deux principales maladies stéatosiques sont la maladie du foie liée à l’alcool (ALD) et la maladie stéatosique du foie liée à une dysfonction métabolique (MASLD). Celles-ci peuvent coexister chez un même patient (MetALD). Cet article reprend les critères de diagnostic de ces affections fréquentes.

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Endocrinologie et Nutrition

Innovations 2023 en Endocrinologie et Nutrition
Fabian O. Lurquin, Stefan Matei Constantinescu, Raluca Maria Furnica, Michel P. Hermans, Audrey Loumaye, Dominique Maiter, Laura Orioli, Vanessa Preumont, Jean-Paul Thissen, Orsalia Alexopoulou Février 2024

L’année 2023 a été riche en nouveautés dans les domaines de la diabétologie, des maladies métaboliques et de l’endocrinologie. En diabétologie, les recommandations de prise en charge des maladies cardiovasculaires (MCV) chez les patient (e)s atteint(e)s de diabète de type 2 ont été révisées, et un nouvel algorithme d’estimation du risque CV en prévention primaire a été proposé. Par ailleurs, les patient(e)s atteint(e)s de diabète sucré qui remplissent les critères de convention de catégorie B, peuvent bénéficier du remboursement intégral d’un système de mesure continue du glucose interstitiel par capteur sous-cutané. L’utilisation à grande échelle des agonistes du récepteur au GLP-1 pour la prise en charge thérapeutique de l’obésité est sûrement une nouveauté de l’année 2023. Dans le domaine des pathologies endocriniennes, de nouvelles recommandations internationales sur le traitement des prolactinomes ont été publiées, et les recommandations de 2016 concernant la prise en charge des incidentalomes surrénaliens de la Société Européenne d’Endocrinologie (ESE) en partenariat avec le Réseau Européen d’Etude des Tumeurs Surrénaliennes (ENSAT) ont été actualisées

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Secteur des Sciences de la Santé UCLouvain/Woluwé

« Systems Biology Core Facility »
Jean-Luc Balligand au nom du groupe Systems Biology Février 2024

L’évolution technologique dans l’analyse « omique » non-biaisée d’échantillons biologiques, combinée à un phénotypage clinique rigoureux permet d’affiner la compréhension de la physiopathologie de maladies complexes. Cette approche holistique utilise des outils bioinformatiques et biostatistiques sophistiqués appliquant les principes de la « Biologie des Systèmes » (Systems Biology). Le projet HYGIEIA dédié au COVID-19 en est la première illustration au sein du Secteur Santé de l’UCLouvain. La filière, allant du patient à l’analyse multi-omique d’échantillons et au traitement biostatistique des données est maintenant proposée aux chercheurs de toute discipline sous les modalités d’une nouvelle plateforme : Systems Biology Core Facility.

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Radiothérapie

Innovations 2023 en Radiothérapie
Sofie Heylen*, Geneviève Van Ooteghem, Xavier Geets, Eléonore Longton**, Dario Di Perri**, Ad Vandermeulen Février 2024

L’introduction récente de l’accélérateur linéaire Ethos® doté d’intelligence artificielle dans notre service nous permet désormais d’offrir aux patients une adaptation continue et en temps réel de leur traitement de radiothérapie, basée sur l’anatomie quotidienne des patients.

En 2023, cette radiothérapie adaptative a été réalisée pour la première fois au monde en inspiration bloquée pour le traitement des lymphomes gastriques. Cette approche permet de réduire les marges d’irradiation tout en préservant les organes adjacents.

Un autre axe d’innovation concerne la radiothérapie stéréotaxique (SBRT) pour les tumeurs hépatiques accompagnée d’une assistance ventilatoire mécanique, constituant une alternative à la chirurgie pour certains cas sélectionnés. Depuis 2018, l’assistance ventilatoire non invasive, dénommée MANIV, a été adoptée, diminuant les marges d’irradiation et améliorant la qualité du traitement. En octobre 2023, les Cliniques universitaires Saint-Luc sont devenues le premier centre à intégrer la MANIV dans leur pratique clinique courante pour le traitement des tumeurs hépatiques.

La radiothérapie stéréotaxique peut également être proposée pour le cancer localisé de la prostate. Elle représente une alternative plus rapide et plus précise en comparaison à la radiothérapie traditionnelle. Les études montrent des taux de succès comparables avec moins d’effets secondaires, soulignant le potentiel de la SBRT pour le traitement du cancer de la prostate.

Enfin, un nombre croissant de patients sont traités par radiothérapie pour un cancer de la vessie. Ce traitement conservateur est une nouvelle alternative thérapeutique qui peut être proposée dans certaines conditions. Ceci permet d’éviter une cystectomie et d’offrir une meilleure qualité de vie aux patients. L’application de la radiothérapie adaptative tire dans cette indication son bénéfice maximal vu la variation rapide et fréquente du volume de la vessie en cours de traitement.

Toutes ces évolutions en radiothérapie sont en concordance avec la démarche de progrès et d’amélioration des soins de notre service, tant sur le plan oncologique qu’en terme de qualité de vie pour nos patients.

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