Impact de la fluoroscopie robotisée tridimensionnelle intra-opératoire dans l'implantation d’électrodes de stimulation cérébrale profonde dans la maladie de Parkinson

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Jean Ruwet, Dorota Tassigny, Maxime Delavallée, Anne Jeanjean, Christian Raftopoulos Publié dans la revue de : Juin 2017 Rubrique(s) : Mémoires de Recherche Clinique
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Résumé de l'article :

L’implantation d’électrodes de stimulation cérébrale profonde au niveau du noyau sous-thalamique est une technique valablement reconnue dans le traitement de la maladie de Parkinson réfractaire aux traitements médicamenteux.

Article complet :

INTRODUCTION

L’implantation d’électrodes de stimulation cérébrale profonde au niveau du noyau sous-thalamique est une technique valablement reconnue dans le traitement de la maladie de Parkinson réfractaire aux traitements médicamenteux. Différentes techniques existent et se distinguent notamment par le type d’anesthésie, l’utilisation du microelectrode recording, l’acquisition des images post-opératoires, ... Le but de ce travail est d’évaluer une procédure d’implantation d’électrodes DBS sous anesthésie générale avec ciblage du noyau sous-thalamique réalisé par fusion des images RMN pré-opératoires et CT pré-implantatoires et vérification du placement des électrodes par fusion des images Zeego post-implantatoires avec la RMN pré-opératoire.

MÉTHODES ET PATIENTS

À ce jour, 17 patients ont bénéficié de l’opération avec un follow-up d’au moins 6 mois. Cette cohorte comprend 4 femmes et 13 hommes atteints d’une maladie de Parkinson depuis en moyenne 10,5 années (6-15). La moyenne d’âge est de 58,6 ans (41-69). Tous les patients ont bénéficié d’une implantation d’électrodes dans les deux noyaux sous-thalamiques. Chaque patient a subi une évaluation clinique pré-opératoire et à 6 mois post-opératoires.

RÉSULTATS

Le score UPDRS moyen à 6 mois post-opératoires est de 11,8, 8,5 et 5,6 pour les UPDRS II, III et IV respectivement, ce qui représente une réduction de 50,1% pour l’UPDRS II, 79,5% pour l’UPDRS III et 48,9% pour l’UPDRS IV. La dose moyenne de L-dopa post-opératoire est de 635,3mg (180-1800), soit une diminution de 40,4% par rapport aux doses pré-opératoires. La durée de la chirurgie est en moyenne de 240,6 min (185-325). L’irradiation moyenne d’un patient est de 21,5 mGy (5-40,3) lors de l’acquisition des images post-implantatoires via l’Artis Zeego, soit en moyenne 22,5% moins irradiant que si l’acquisition des images avait été faite par un CT. Dans les complications, on note un épisode de confusion post-opératoire transitoire, une infection de boitier au staphylocoque doré nécessitant le remplacement de celui-ci et une embolie pulmonaire bilatérale d’évolution favorable. Une électrode a dû être replacée chez un patient suite à une position suboptimale après le contrôle par imagerie Zeego.

DISCUSSION

En termes d’amélioration de l’état clinique, nos résultats (50,1% pour l’UPDRS II, 79,5% pour l’UPDRS III et 48,9% pour l’UPDRS IV) sont en accord avec ceux retrouvés dans la littérature (12-66% pour l’UPDRS II, 25-69% pour l’UPDRS III et 19-71% pour l’UPDRS IV). De même, la réduction de 40,4% de la dose de L-dopa observée dans notre cohorte est comparable aux chiffres publiés dans la littérature (19-71%). Le gain d’irradiation de 22,5% pourrait encore être plus prononcé si toutes les acquisitions d’images Zeego étaient réalisées en mode Head Care fusion permettant une moindre irradiation (réduction de 75%) pour une qualité d’image suffisante. Le temps opératoire est significativement réduit par rapport à notre ancienne procédure (sous anesthésie locale avec évaluation clinique per-opératoire et RMN de contrôle hors de la salle d’opération) durant en moyenne 7h contre 240,6 minutes avec la technique actuelle. L’originalité de la technique réside dans l’absence d’utilisation du MER, le recours à l’anesthésie générale, le ciblage et la vérification de la position des électrodes par fusion d’images à une RMN pré-opératoire et l’acquisition des images post-implantatoires par fluoroscopie directement en salle d’opération.

CONCLUSION

Cette technique présente de nombreux avantages par rapport aux autres méthodes existantes tout en offrant des résultats cliniques similaires, à savoir : une diminution du temps opératoire et donc du risque de complications, une réduction du risque d’hémorragie, une irradiation moindre du patient et un plus grand confort pour le patient et le chirurgien.

Affiliations

Jean Ruwet1, Dorota Tassigny1, Maxime Delavallée1, Anne Jeanjean2, Christian Raftopoulos1

Promoteur : Pr. Christian Raftopoulos

Co-promoteur : Dr. Maxime Delavallée

1 Université catholique de Louvain, Cliniques universitaires Saint-Luc, Département de Neurochirurgie, B-1200 Bruxelles

2 Université catholique de Louvain, Cliniques universitaires Saint-Luc, Département de Neurologie, B-1200 Bruxelles

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