Étude de la compliance dans le suivi des patients atteints de mélanome

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Laura Baumel, Aline Van Maanen, David Ogez, Isabelle Tromme Publié dans la revue de : Novembre 2018 Rubrique(s) : Mémoires de Recherche Clinique
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Résumé de l'article :

Promoteur

Dr. Isabelle Tromme

Mots-clés

Mélanome, suivi, compliance

Article complet :

INTRODUCTION

Le mélanome est un cancer pour lequel le risque de récidive et de nouveau(x) primitif(s) est bien réel. Par conséquent, il est recommandé d’effectuer un suivi à vie. L’objectif de cette étude est d’identifier les critères pouvant contribuer à une bonne ou, inversement, à une mauvaise compliance au suivi dermatologique et oncologique.

 

MATÉRIEL ET MÉTHODE

Les données de l’Institut Roi Albert II ont été utilisées pour constituer un échantillon de départ comportant 396 patients ayant été diagnostiqués d’un mélanome entre le 01/01/2004 et le 31/12/2008. Les patients ayant récidivé ou présenté un second mélanome durant la période étudiée, décédés, perdus de vue, ayant refusé de participer, non vus dans notre institution, mineurs au moment du diagnostic, déments ou encore pour qui le diagnostic dans la base de données de l’Institut Roi Albert II était erroné, ont été exclus. Les patients restants ont été divisés en trois groupes ; un groupe de patients ayant arrêté le suivi moins de 4 ans après le diagnostic (arrêt « très précoce »), un groupe de patients ayant arrêté le suivi au moins 4 ans et en dessous de 8 ans après le diagnostic (arrêt « précoce ») et un groupe de patients ayant continué le suivi au moins 8 ans (arrêt « tardif » ou « pas d’arrêt »). Une enquête comportant quatre questionnaires évaluant respectivement les données sociodémographiques, la qualité de la relation médicale, les stratégies de coping et l’anxiété a été envoyée aux patients.

 

RÉSULTATS

Sur base de nos critères, 210 patients ont été exclus, 186 patients ont donc pu être étudiés. 138 patients ont été considérés comme compliants, 35 patients ont arrêté le suivi précocement et 13 patients ont arrêté le suivi très précocement. Le nombre de facteurs de risque de développer un mélanome et la qualité de la relation médicale sont statistiquement corrélés à une meilleure compliance au suivi (p < 0,05). L’utilisation de stratégies de coping de type palliatif est statistiquement associée à une altération de la compliance au suivi (p < 0,05). La satisfaction quant à l’information médicale reçue au diagnostic est statistiquement significative en régression univariée (p < 0,05) et apparait comme fortement corrélée à la qualité de la relation médicale en analyse multivariée (coefficient des rangs de Spearman r = 0,637).

 

CONCLUSIONS

Cette étude se distingue par l’excellente compliance globale des patients au suivi du mélanome. Les résultats suggèrent de prêter une attention particulière aux patients présentant de nombreux facteurs de risque de mélanome, qu’il convient de sensibiliser au risque accru de deuxième mélanome primitif afin de renforcer leur compliance au suivi. Il parait également fort important de veiller à la qualité de la relation avec le patient et, notamment, de l’informer de façon spécifique et adéquate car ces facteurs contribuent à une bonne compliance au suivi. De plus, il est nécessaire de repérer en pratique clinique les patients utilisant de façon importante des stratégies de coping de type palliatif car ceux-ci sont habituellement moins compliants au suivi que les autres.

 

AFFILIATIONS

Cliniques universitaires Saint-Luc, Service de Dermatologie, B-1200 Bruxelles