PROFESSEUR JEAN-JACQUES HAXHE 1930-2015

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E. Coche Publié dans la revue de : Juin 2015 Rubrique(s) : In Memoriam
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Résumé de l'article :

Jean-Jacques Haxhe (1930-2015)

Article complet :

Auteurs

Pr. Edgard Coche

PROFESSEUR JEAN-JACQUES HAXHE 1930-2015

Ce n’est pas sans une certaine émotion que je prends la plume pour évoquer la mémoire du Professeur Jean- Jacques Haxhe, personnalité qui a marqué de son empreinte l’histoire des Cliniques universitaires Saint-Luc.

Il est né le 28 décembre 1930 à Uccle. Après des humanités anciennes à l’Institut Royal Sainte Marie, il commence en 1949 ses études de médecine à Louvain et est diplômé en 1956, docteur en médecine, chirurgie et accouchements avec la plus grande distinction.

Il entame une spécialisation en chirurgie dans le service du Professeur Jean Morelle (1899-1983).

Après ses deux premières années de spécialisation (1956- 1958), il séjourne durant un an dans le laboratoire de recherche chirurgicale du professeur Francis. D. Moore au Peter Bent Brigham Hospital (Harvard Medical School) à Boston (1958-1959). Il y conçoit une méthode originale, multi-isotopique, pour la mesure de la composition corporelle. En 1960, il est reconnu spécialiste en chirurgie, mais il poursuit ses recherches dans le laboratoire de chirurgie expérimentale dirigée par le professeur Jean Morelle, pionnier en Europe dans ce domaine. Durant les années 1961 à 1964, il bénéficie d’un mandat de chargé de recherches du Fonds National de la Recherche Scientifique (FNRS). Dès 1963, il peut défendre sa thèse d’agrégation de l’enseignement supérieur publiée sous le titre : « La composition corporelle normale : ses variations au cours de la sous-alimentation et de l’hyperthyroïdie ». Durant cette période, il conserve cependant une activité clinique toutefois limitée en chirurgie vasculaire.

Sa carrière académique est lancée, il est nommé chargé de cours associé en 1964, professeur associé en 1969 et professeur ordinaire en 1972. Après avoir été directeur associé du laboratoire de chirurgie expérimentale, il en devient son directeur en 1969 à l ‘éméritat du professeur Jean Morelle. Dès 1966, suite aux événements qui vont conduire en 1968 à la scission de l’Université catholique de Louvain, il devient membre de la Commission hospitalo-facultaire chargée de la programmation pour le site de Woluwe-Saint-Lambert, présidée par le professeur Pierre Lacroix. En 1968, il prend la direction de cette Commission de programmation.

Le professeur Pierre Lacroix, directeur médical de l’Hôpital Saint Pierre à Leuven, décède inopinément en septembre 1971. En novembre de cette année, Jean-Jacques Haxhe lui succède et devient le directeur médical.

Une période intense de programmation, de construction, de réflexion sur l’aménagement de la faculté de médecine et des futures Cliniques universitaires se poursuit sous son égide compétente et engagée.

C’est au cours de ces années que j’ai l’occasion de commencer une collaboration avec le professeur Haxhe. En effet, en vue de préparer l’implantation à Woluwe-Saint-Lambert, il constitue sous sa direction un petit groupe chargé d’étudier la possibilité d’ouvrir rapidement un service de consultations sur le nouveau site. En février 1974, est inaugurée la Polyclinique Saint-Luc dans le bâtiment de la future école d’infirmières, l’Institut Supérieur de Nursing (ISN) à proximité de l’Ecole de Santé publique. Quatre cabines de consultation, une unité de radiologie et un local de prélèvements sanguins et d’ECG en constituent la structure. Ce fut une idée géniale afin de faire connaître les médecins venant de Louvain dans l’environnement bruxellois. Ce fut une réussite.

 

Inauguration des Cliniques universitaires Saint-Luc

 

Bien sûr, le projet auquel il consacre toute son énergie fut la réalisation des Cliniques universitaires Saint-Luc dont on peut, à juste titre, le qualifier de père fondateur. Le choix du nom de l’institution ne fut pas anodin. Saint- Luc est le saint patron des médecins et LUC est l’anagramme de l’UCL. Ces cliniques ouvrent leurs portes le 23 août 1976 et accueillent les 10 premiers malades de médecine interne rapidement suivis par des malades chirurgicaux. Après cette brève phase de test, pendant laquelle on pourrait raconter plusieurs épisodes gags, le déménagement progressif des services de Saint-Pierre et Saint-Raphaël de Louvain et de Saint Joseph à Herent se déroule de 1976 au début de 1979.

Jean-Jacques Haxhe assure toujours la direction médicale, mais en 1982, il devient le Coordonnateur général et Directeur médical des Cliniques universitaires jusqu’à son éméritat au 30 septembre 1996.

L’activité du professeur Haxhe est absorbante, il lui faut assurer la gestion de cet énorme paquebot hospitalier et garder un esprit entrepreneurial afin d’en poursuivre le développement. Il faut faire face aux nombreux défis politiques, budgétaires, d’expansion et d’anticipation.

C’était un vrai manager, toujours à l’affût pour faire progresser son institution et d’en améliorer le fonctionnement. Outre le bâtiment principal des cliniques, on lui doit la construction d’un nouveau bâtiment « La Verrière » et d’une première extension du service des urgences.

Soucieux d’accompagner dans les meilleures conditions les proches des patients hospitalisés, Jean-Jacques Haxhe a aussi soutenu la réalisation et l’extension de la structure d’accueil « Le Roseau » qui a reçu ses premiers résidents en octobre 1980.

Les idées ne lui manquent jamais. Conscient de l’importance de disposer de médecins et d’infirmières très compétents, il crée avec la collaboration de Marcel Pitance la Fondation Saint-Luc. Le projet initial de cette Fondation est d’ « investir dans les cerveaux et les hommes plutôt que dans des appareils ou des machines en accordant des bourses d’étude ». Depuis 1986, cette Fondation continue à se développer et à élargir progressivement ses objectifs. Celle-ci accorde toujours une attention particulière pour soutenir des projets visant à humaniser les soins prodigués.

Outre ses charges hospitalières, il fut le responsable du Centre d’informatique médicale avec le professeur Fr. Roger-France et du Centre des Sciences hospitalières à l’Ecole de Santé Publique. Il était préoccupé par l’hygiène hospitalière, il constitue dès 1970 le premier Comité d’hygiène hospitalière et participe à la création de l’Association belge pour l’hygiène hospitalière.

On pourrait encore écrire beaucoup sur le parcours exceptionnel de ce médecin, ce professeur, ce manager. Il eut cependant l’intelligence d’écrire dans le détail les principaux épisodes de l’histoire des Cliniques universitaires Saint-Luc dans son livre « Si Saint-Luc m’était conté… ». (Ed. Racine, Septembre 2001)

Cher Monsieur Haxhe, recevez l’hommage respectueux et le merci sincère de toute la communauté clinique et universitaire qui vous a connu comme « patron ». Elle gardera de vous le souvenir d’une personnalité riche, exigeante et parfois un peu mystérieuse.

 

Pr. Edgard Coche

 


 

 

Eméritat - 30 septembre 1996

 

Jean-Jacques Haxhe est né le 28 décembre 1930 à Uccle (clinique Saint-Elisabeth), d’un père verviétois et d’une mère originaire de la région d’Alost (Welle). Ses origines expliquent qu’il fut parfaitement bilingue.

Ses racines, par filiation directe ont pu être retrouvées depuis 1664 dans la région verviétoise (Olne, Soiron, Xhendelesse, Battice, Herve). Parmi ses ascendants directs, citons un d’entre eux contemporain de Louis XV : Thomas Haxhe (1706- 1768), qui fut chirurgien à Soiron, connu de l’ l’Académie Royale de Chirurgie de Paris.

À l’âge de trois ans, J.J. Haxhe est atteint d’une poliomyélite qui lui a laissé des séquelles permanentes (paralysie du membre inférieur gauche) le privant de toutes activités sportives.

Il fait ses études primaires chez les frères Maristes à Schaerbeek et, de 1944 à 1949, ses humanités gréco-latines à l’Institut royal Sainte-Marie à Bruxelles, terminant chaque année premier de classe

Il entreprend ses études universitaires de médecine à l’Université catholique de Louvain en 1949 et les achève en 1956 avec la plus grande distinction. En 1955, il est accepté par le professeur Jean Morelle pour une spécialisation en chirurgie.

Il a écrit lui-même ce qui suit

Une destinée forgée par les événements

Lorsque, en juillet 1956, le diplôme de docteur en médecine m’est décerné et que je me destine à devenir chirurgien, personne ne peut imaginer les événements qui surviendront au cours des douze années suivantes et me détourneront progressivement de mon orientation initiale. L’Université catholique de Louvain unitaire sera divisée en deux universités autonomes, la KUL et l’UCL, et de plus, cette dernière implantera sa Faculté de Médecine dans l’agglomération bruxelloise en la dotant d’un hôpital universitaire ultramoderne.

En 1956, pour la formation clinique, la section francophone de la Faculté de Médecine ne peut compter que sur les 307 lits du vieil hôpital Saint-Pierre ouvert en 1849, propriété de la Commission d’Assistance Publique de la ville de Louvain, comportant encore des salles communes de 25 à 30 lits, et sur 250 lits dans la clinique Saint-Raphaël, clinique privée plus moderne de plus de 800 lits occupés majoritairement par la section néerlandophone. Une nouvelle clinique de quelque 100 lits, propriété de la Congrégation religieuse des Soeurs Augustines, est en construction à Herent, mais elle n’est pas encore en exploitation ; elle ne le sera qu’en 1960.

C’est dans ce contexte que j’entreprendrai ma formation chirurgicale d’une durée de quatre ans pour laquelle le Pr Jean Morelle m’a promis une place dans son service un an plus tôt. Ce service de 115 lits ne compte que six médecins assistants en formation dont seulement deux nouveaux sont acceptés chaque année ; chacun est invité à passer un an à l’étranger soit en deuxième, soit en troisième année.

Le Pr J. Morelle souhaite que je m’initie à la recherche qu’il estime indispensable pour envisager une carrière universitaire. C’est pourquoi, un an avant la fin de mes études, il m’introduit auprès du Pr M. De Visscher pour une initiation à l’utilisation des radio-isotopes dans son laboratoire. Pour parfaire cet apprentissage, en avril 1956, après mon stage de quatre mois en médecine interne, avant de commencer le stage en chirurgie, je passe un mois au Guy’s Hospital à Londres auprès de M. Norman Veall, physicien renommé pour la mise au point d’applications de radioisotopes en recherche clinique, auteur d’un livre qui a fait date (Radioisotope techniques in clinical research and diagnosis by N. Veall and H. Vetter - Ed Butterworth - London 1958 - NLM Unique ID : 45611140R).

Après deux années de formation chirurgicale à Louvain (1956 - 58), je passe un an comme C.R.B. Honorary fellow au Peter Bent Brigham Hospital, Harvard Medical School, Boston, dans le laboratoire du service de chirurgie du Pr Francis D. Moore. Sur le chien, j’y mets au point une méthode originale, multi-isotopique, conçue par N. Veall, pour la mesure de la composition corporelle. Elle servira d’outil pour ma thèse d’agrégation.

La formation chirurgicale étant de quatre ans à ce moment-là, je la termine en 1960. Ensuite, nommé chargé de recherches du FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique), je me consacre quasi exclusivement à la recherche, tout en préservant une activité clinique limitée en chirurgie vasculaire dans laquelle j’avais acquis une expertise en compagnie de Charles Chalant. Préparant l’agrégation de l’enseignement supérieur au laboratoire de chirurgie expérimentale dirigé par le Pr J. Morelle, ce travail est terminé en 1963 et me permet de défendre une thèse publiée sous le titre :» La composition corporelle normale : ses variations au cours de la sous-alimentation et de l’hyperthyroïdie «, p. 359 - Ed. Arscia, Bruxelles,1963. NLM Unique ID : 08410560R

La leçon publique défendue aux Halles Universitaires en présence du recteur Mgr A. Descamps avait pour thème «L’insuffisance circulatoire cérébrale». C’est au cours de l’année suivante que les jeunes spécialistes, qui sont de plus en plus nombreux, commencent à s’inquiéter de leur avenir à Louvain comme on peut le lire dans le livre «Si Saint-Luc m’était conté « (Ed. Racine- Bruxelles- 2001).

Nommé chargé de cours associé en 1964, puis professeur associé et directeur du laboratoire de chirurgie expérimentale en 1969 (année de l’éméritat du Pr J . Morelle), le lecteur y découvrira comment un coup de téléphone pour la participation à une commission de programmation (1965), une conversation d’apparence anodine avec un collègue (1966), un décès inopiné (1971) et une crise économique (1982) influenceront ma carrière. Ces événements me porteront successivement aux fonctions de directeur de la programmation hospitalo-facultaire pour le site de Woluwe-Saint- Lambert (1968), puis de directeur médical (1971) et enfin de coordonnateur général des cliniques universitaires Saint- Luc (1982).

Professeur ordinaire en 1972, émérite en 1996, c’est indéniablement une cascade d’événements, liée à l’implantation de la Faculté de Médecine de l’UCL à Bruxelles, qui, de fil en aiguille, me détourna complètement de ma formation de base et de ma carrière scientifique, mais absolument sans aucun regret…

Cette courte narration faite par Jean-Jacques Haxhe lui-même - trop modeste peut-être - mérite quelques commentaires.

Après son initiation à la recherche dans le laboratoire du Pr Michel De Visscher, il rejoint le laboratoire de chirurgie expérimentale du Pr. J. Morelle et sera l’auteur de nombreuses publications basées sur l’utilisation des radioisotopes en clinique durant la période qui s’écoule de 1956 à 1970.

Cheville ouvrière de ce laboratoire au cours de cette période, parallèlement à ses propres recherches, il participe activement à celles qui se rapportent à la transplantation d’organes et plus particulièrement du foie, menées à partir de 1959 par son proche ami Paul-Jacques Kestens.

La contribution la plus significative de sa thèse d’agrégation a été la démonstration que le volume globulaire d’un sujet dénutri puis réalimenté s’adapte strictement au volume de la masse maigre dont le potassium total est un index. Il a dénommé l’anémie produite par la dénutrition «anémie d’adaptation». Ses recherches ultérieures ont démontré que le débit cardiaque global diminue peu au cours de la dénutrition, mais que la réduction du débit globulaire suit celle de la masse maigre. D’autres expériences, à double traceur des globules rouges, ont montré que la transfusion sanguine bloque l’hématopoïèse du sujet dénutri ; ainsi, la transfusion sanguine chez le sujet amaigri et anémique n’apporte aucun bénéfice réel, ce qui implique l’inutilité de la transfusion dans de telles situations.

En 1966, il est membre actif de la commission de programmation de l’hôpital de Woluwe-Saint-Lambert et il collabore activement avec les architectes. Recherchant l’excellence et les nouveautés pour cette nouvelle entité académique, la première de son histoire dont l’Université sera propriétaire, il effectue à de nombreux voyages d’études notamment en Suède et aux Etats-Unis, les pays phares en matière de conception et construction hospitalière de cette époque.

Suite à la découverte aux Etats-Unis en 1967 de l’introduction de l’informatique dans le fonctionnement hospitalier, toujours précurseur, il propose et obtient des autorités académiques que soit créé en candidature en médecine un cours à option d’»Éléments d’informatique».

Dès qu’il fut confirmé que la Faculté de Médecine francophone s’installerait en totalité sur le site de Woluwe- Saint-Lambert, en 1968, Jean-Jacques Haxhe est nommé directeur de programmation hospitalo-facultaire par les autorités académiques.

Et cependant, la carrière scientifique de Jean-Jacques Haxhe culmine en 1969. Il est alors :

  • professeur associé,
  • directeur du laboratoire de chirurgie expérimentale,
  • membre de l’Association des physiologistes de langue française, sur proposition de Xavier Aubert, pour la présentation d’un rapport sur la composition corporelle,
  • membre titulaire de la Société belge de Chirurgie pour la collaboration au rapport sur le «Risque chirurgical»
  • vice-président, puis président de la Société européenne de Chirurgie expérimentale,
  • invité par la Société internationale de Chirurgie à présenter un rapport au congrès qui s’est tenu en septembre à Buenos-Aires,
  • cotitulaire de la clinique et policlinique chirurgicale ainsi que de la clinique pluridisciplinaire avec F. Lavenne.

Mais, son implication dans le transfert de la Faculté de Médecine sur le site de Woluwe-Saint-Lambert l’amène à délaisser ses activités de recherche.

De plus, inopinément en septembre 1971, Pierre Lacroix décède. Ce dernier était à la fois chef de service d’orthopédie, directeur médical de l’hôpital Saint-Pierre à Louvain et conseiller scientifique pour les sciences médicales auprès du recteur, Mgr Ed. Massaux. Vu l’engagement de Jean- Jacques Haxhe dans le transfert des activités médicales sur le site de Woluwe-Saint-Lambert, tout naturellement les autorités académiques lui confient la direction médicale des cliniques universitaires et le nomment professeur ordinaire.

Le renoncement à son activité scientifique a été un choix cruel, mais il s’attelle sans compter à la tâche qui lui est confiée. N’a-t-il pas dit (peut-être pour se consoler) «Je n’ai pas pu exercer ma médecine directement auprès des malades ou par la recherche, mais je l’ai exercée au travers de mes collègues en mettant entre leurs mains un outil de qualité exceptionnelle où ils pourront pratiquer leur art dans les meilleures conditions».

Ses fonctions lui ont donné le privilège de choisir les noms de «Cliniques Saint-Luc» et de «avenue Hippocrate» .

Le transfert des activités cliniques, piloté par Jean-Jacques Haxhe, se déroule sur une période de 3 ans : de 1976 à 1979. Cette réalisation que certains ont qualifiée de pharaonique lui vaudra le titre de «Fondateur des cliniques Saint- Luc» attribué par le recteur Marcel Crochet au moment de son éméritat.

Dès le début des années 1970, s’initiant et s’intéressant à l’hygiène hospitalière avec sa principale collaboratrice, Mme Michèle Zumofen, qui deviendra son épouse, il est cofondateur de l’Association belge pour l’hygiène hospitalière en 1974, et dès 1984, il enseigne cette matière aux licenciés en sciences hospitalières jusqu’en 1999. Dans le même ordre d’idées, en 1980, il est l’initiateur d’un cours à option en candidature de «Formation Hospitalière», (officieusement commencée en 1975) préparant les étudiants à la fréquentation de leur stage infirmier.

Une défaillance économique des cliniques Saint-Luc en 1982 entraîne un audit suite auquel, le pouvoir de direction (jusque-là partagés avec une direction administrative) est confié en totalité à Jean-Jacques Haxhe qui devient le coordonnateur général jusqu’à son éméritat en 1996.

Visionnaire, percevant dès 1993 l’impact qu’aurait l’Internet, il réactive ses connaissances en informatique et s’initie à l’HTML dont il met un cours abrégé en ligne sur le serveur de la Faculté de Médecine.

Toujours très actif, la micro-informatique et l’Internet deviennent son passe-temps après son éméritat, c’est ainsi qu’il créa un site «Bibliothèque médicale didactique», apporta son assistance pour le maintien des sites de l’AMAUCL, l’ECU, Louvain Médical.

Fidèle à l’aphorisme «On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même», il n’a pas laissé aux historiens le soin de raconter l’histoire des cliniques Saint-Luc pendant les 30 premières années de leur existence. Dépouillant tous les documents et archives au cours de cette période, il a publié en 2001 le livre de 526 pages « Si Saint-Luc m’était conté...» (Ed. Racine, Bruxelles, 2001 - NLM Unique ID : 101133867).

De même, prêtant ce même aphorisme à ses collègues, il leur a demandé de raconter l’histoire de leur service pendant les dernières 50 années. Vingt-cinq d’entre eux y ont collaboré ; il a coordonné l’ensemble des textes qui a abouti à la publication du livre de 623 pages «50 ans de Médecine à l’UCL : 1950 - 2000» (Ed. Racine-Bruxelles, 2002 - NLM Unique ID :1011511360 )

À partir de 2004, avec le Pr Geneviève Aubert et Mme Françoise Hiraux (service des archives UCL), il est le moteur d’un site Internet sur l’histoire de la médecine de 1835 à 1985, comportant notamment une collection de documents pour chacun des personnages qui ont été les enseignants à la Faculté de Médecine pendant ces 150 années.

Mémoires des cliniques pendant 30 ans, mémoires des services cliniques pendant 50 ans, mémoires de la Faculté pendant 150 ans, Jean-Jacques Haxhe est ainsi devenu un des historiens de notre Faculté au cours des dernières années de sa vie. Cette oeuvre d’historien sera couronnée par le prix Franz Jonckheere d’Histoire de la Médecine (2005-2007) de l’Académie royale de Médecine de Belgique.

Clinicien par sa formation de base, scientifique par son parcours post-doctoral, Jean-Jacques Haxhe a occupé pendant un quart de siècle une des plus hautes fonctions de direction à la Faculté de Médecine. Imaginatif, doté de créativité, bâtisseur, rêveur à ses heures, visionnaire toujours, manager, historien… toutes les activités de sa vie professionnelle ont été tournées vers le service aux autres.

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