Discours du Pr. Dominique Vanpee, Doyen de la Faculté de médecine et médecine dentaire

Précédent
Dominique Vanpee Publié dans la revue de : Juillet 2018 Rubrique(s) : Ama Contacts
Télécharger le pdf

Résumé de l'article :

Monsieur le Recteur, Monsieur le Vice-Recteur, Mesdames, Messieurs, Cher·e·s collègues, Chers nouvelles et nouveaux diplômés, je peux dire maintenant cher·e·s nouvelles et nouveaux collègues.

Au nom de l’ensemble des membres de la Faculté de médecine et médecine dentaire de l’UCL, je vous adresse mes plus cordiales félicitations et mes voeux d’épanouissement personnel.

Article complet :

Ces félicitations, vous les méritez toutes et tous amplement, indépendamment de votre grade.

Vous êtes à présent médecins.

Certains d’entre vous vont désormais fouler le chemin difficile, mais ô combien excitant d’une spécialité en médecine générale ou hospitalière, ici ou à l’étranger. D’autres emprunteront un chemin identique l’an prochain. D’autres encore opteront pour une voie différente. Quelle que sera celle que vous choisirez demain, je vous la souhaite bienveillante, riche de belles rencontres, stimulante à souhait et surtout passionnante.

Votre présence ici aujourd’hui est le résultat de votre travail. Elle est aussi le fruit de l’intervention d’autres personnes, qui méritent votre reconnaissance. Je pense d’abord à vos parents, à vos familles, à vos proches, à tous ceux qui ont rendu vos études possibles. Pour eux également, le chemin a été long et certainement semé d’embuches. Vous devez leur en être reconnaissant·e, et je tiens à les remercier d’avoir confié leurs enfants à notre Faculté.

Certains d’entre vous ont entamé leur parcours dans une autre institution, je pense en particulier aux facultés de médecine de Namur et de Mons. Je veux associer à mon discours les collègues et les membres de ces universités pour la part importante qu’ils ont prise à votre formation.

Votre réussite, vous la devez avant tout à vous-même, à ces efforts constants de tous les jours. Vos professeurs, le personnel scientifique, le personnel administratif et les assistants ont été là pour vous écouter, vous diriger, vous orienter et stimuler vos apprentissages. Qu’ils et elles en soient chaleureusement remerciés, encore plus cette année avec la gestion - ô combien complexe - de la « double cohorte ».

Merci aussi aux enseignantes et enseignants cliniciens des deux hôpitaux universitaires de l’UCL, aux maitres de stage hospitalier et en médecine générale du Réseau Santé Louvain pour leur encadrement clinique. Ce sont eux aussi qui vous ont donné le goût de votre belle vocation.

Au fur et à mesure de votre formation, la part de l’enseignement théorique est devenue progressivement plus ténue, pour laisser place à un apprentissage au contact du patient. Ce patient, ce malade, a besoin d’un médecin disponible et humain. J’espère que l’enseignement que vous avez reçu dans nos murs vous permettra d’être tout particulièrement conscient de cet aspect important de votre futur métier. N’oubliez jamais que ce patient, ce malade, doit être au centre de vos préoccupations.

Jacques Bossuet disait que « les vraies études sont celles qui apprennent les choses utiles à la vie humaine ».

La médecine c’est, comme vous le savez, une science et un art, celui de prendre soin du malade. C’est ce que nous nous efforçons de vous enseigner. On ne vous enseigne malheureusement pas assez - voire pas du tout - l’art de prendre soin de vous. C’est pourtant essentiel.

Vous êtes un homme ou une femme avec ses forces et ses faiblesses, son vécu et ses émotions. On attendra de vous d’être irréprochables, même quand parfois, votre corps ou votre tête, peut-être les deux, s’y opposeront. Aussi, si un jour vous vous trouvez en difficulté personnelle, n’hésitez pas à vous faire aider. Dans ce cadre, je voudrais souligner l’initiative du Conseil national de l’Ordre des médecins qui a mis en place une plateforme spécifique d’aide aux médecins et qui s’adresse aussi aux médecins en formation que vous serez déjà dans quelques semaines.

Aujourd’hui est un jour de fête pour vous, vos parents et pour la Faculté. Ce n’est ni le lieu, ni le moment de vous rappeler les moult difficultés qui ont jalonné cette année si particulière.

Il serait cependant intellectuellement malhonnête de ma part de les passer sous silence.

Nous aurions voulu vous offrir un parcours sans doute, sans crainte pour votre avenir, un parcours sans compétition exacerbée, au cours duquel seuls auraient compté la richesse des matières étudiées, la qualité de vos professeurs, le renforcement de vos compétences.

Ce parcours idéal, si nous n’avons pas pu vous l’offrir, c’est parce que tant d’éléments extérieurs s’y sont opposé. Vous les connaissez mieux que moi. Ils tiennent aussi en un nombre : 1.031 étudiants… et en deux mots : double cohorte.

Pourtant, et bien avant l’entame de votre année académique, les autorités facultaires, sectorielles, le Centre Académique de Médecine Générale, la Commission des Master de spécialisation, les présidents des Masters de spécialisation et leur administration, ainsi que les maitres de stage hospitaliers et de médecine générale du Réseau Santé Louvain ont travaillé d’arrache-pied, et dans la plus étroite collaboration, afin de vous offrir à toutes et tous un maximum de places de formation afin de répondre au mieux à vos attentes. Ceci sous la coordination d’un Comité de pilotage, dont je remercie ici tous les membres qui se reconnaitront, avec un merci spécial à Mesdames Gaëlle Fransman, chargée de mission, et Virginie Odeurs, juriste au Service d’études de l’UCL.

Le Conseil rectoral et tout particulièrement notre Recteur, le professeur Vincent Blondel et nos Vice-Recteurs du Secteur des Sciences de la Santé, les professeurs Jacques Melin et Frédéric Houssiau, se sont personnellement engagés dans ce dossier et ce depuis plusieurs années.

L’UCL est la seule université en Communauté française, dont le Conseil d’administration a accepté de dégager des moyens financiers importants qui ont permis d’accroitre, de façon substantielle, les places de formation au sein des hôpitaux du Réseau et pour la médecine générale. Nous avons, avec les efforts de tous, quasiment doublé notre capacité de formation globale pour les masters de spécialisation aujourd’hui, sans avoir encore aucun appui financier ni de la Communauté française ni du fédéral.

Nous voir réunis ensemble aujourd’hui est la preuve évidente que vous êtes venu·e·s à bout de ce parcours semé d’embuches, malgré les flous politico-artistiques, malgré la concurrence, malgré les incertitudes. Vous êtes là. Et vous pouvez être particulièrement fier·e·s de vous-même, fier·e·s de vos collègues aussi. Parce que, contre vents et tempêtes, vous avez gardé un esprit de collaboration et d’amitié entre vous. Et cela n’a pas de prix.

Vous avez fait votre formation en 7 ans1, cet après- midi nous proclamerons les étudiantes et étudiants de la première cohorte en 6 ans. En plus d’avoir dû gérer comme vous les difficultés et incertitudes liées à la double cohorte, ils ont dû faire face à des profondes modifications de programme. Enseigner et apprendre la médecine en 6 ans à la place de 7 ans est un challenge à la fois pour les étudiants et les enseignants.

Je fais aujourd’hui le pari que, dans cette salle, se trouvent vos amis pour la vie, ceux qui seront là à chaque jalon que vous poserez, à chaque grand moment que vous vivrez, comme autant de témoins de vos succès et de tout le reste.

Si aujourd’hui c’est vous que l’on fête, c’est aussi grâce au formidable travail de Madame Virginie Abrial, qui, sous la coordination du professeur Françoise Smets et avec la collaboration de l’ensemble du Comité organisateur et des collègues de l’administration, a préparé chacune des nombreuses étapes qui ont permis de faire de cette journée un souvenir mémorable pour vous tous. Je vous demande de les applaudir.

Pour terminer, c’est surtout vers vous que je me tourne, Cher·e·s nouvelles consoeurs et nouveaux confrères, pour vous formuler les voeux d’un bonheur très réel.

J’espère que la fin de cette étape de formation est le début de belles aventures professionnelles, familiales et privées pour chacun d’entre vous.

1 Texte prononcé pour les étudiants de M7. Voici ce qui a été dit l’après-midi pour les étudiants de R6 : « Vous avez fait votre formation en 6 ans, ce matin nous avons proclamé les étudiantes et étudiants de la dernière cohorte en 7 ans. En plus d’avoir dû gérer comme eux les difficultés et incertitudes liées à la double cohorte, vous avez dû faire face à des profondes modifications de programme. Enseigner et apprendre la médecine en 6 ans à la place de 7 ans est un challenge à la fois pour les étudiants et les enseignants. »

Rechercher sur le site

Inscrivez un mot clef afin de rechercher tous les articles,
rubriques ou auteurs associés :