Suivi à long terme et évaluation des dimensions de la crosse aortique après cure de dilatation de l’aorte ascendante

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Quentin Binet, Christophe de Meester, Geoffrey Colin, David Vancraeynest, Laurent de Kerchove, Anne-Catherine Pouleur, Agnès Pasquet, Bernhard L. Gerber, Gébrine El Khoury, Jean-Louis Vanoverschelde Publié dans la revue de : Juin 2017 Rubrique(s) : Mémoires de Recherche Clinique
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Résumé de l'article :

Il existe deux types de cure chirurgicale d’une dilatation de l’aorte ascendante.

Article complet :

Avant-propos

Il existe deux types de cure chirurgicale d’une dilatation de l’aorte ascendante. Le premier consiste à remplacer uniquement l’aorte ascendante, alors que le second comporte également un remplacement de l’hémi-arche aortique afin de prévenir une dilatation et/ou dissection future à ce niveau. Cependant, cette seconde chirurgie est beaucoup plus lourde pour le patient et implique des techniques plus complexes.

Jusqu’à présent, aucune étude n’a pu montrer une dilatation significative de la crosse aortique dans le décours d’un remplacement de l’aorte ascendante. Dans notre centre, la cure chirurgicale se fait donc principalement par le seul remplacement de la partie dilatée.

Objectifs

Par le suivi des dimensions de l’aorte thoracique après chirurgie de l’aorte ascendante, nous souhaitons déterminer s’il est approprié ou non de pratiquer systématiquement un remplacement de l’hémi-arche aortique comme il est coutumier dans d’autres centres, notamment en cas de bicuspidie aortique.

Matériel et méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique avec un registre prospectif. Un follow-up téléphonique est organisé pour 397 patients ayant bénéficié d’un remplacement de l’aorte ascendante aux Cliniques Universitaires Saint-Luc entre 1995 et 2012. Après vérification des critères d’exclusion, les patients sont invités à réaliser un CT-scanner ou une imagerie par résonance magnétique (IRM) avec injection de produit de contraste afin d’évaluer les dimensions de leur aorte thoracique. A la fin du recrutement, 123 patients (dont 61 avec bicuspidie aortique) avaient bénéficié d’une imagerie de leur aorte thoracique à une durée médiane de 5.3 (0.0 - 17.9) années après chirurgie. Lorsqu’elles étaient disponibles, les images pré-opératoires de la même modalité ont été comparées.

Résultats et discussion

Une analyse de survie sur les 397 patients ayant bénéficié d’une cure d’anévrysme de l’aorte ascendante montre une mortalité opératoire de 3.0%. La survie globale à 12 ans est de 75± 4%, contre 88% pour la population générale matchée pour l’âge et le sexe.

Les diamètres aortiques au niveau des sinus de Valsalva, de la jonction sino-tubulaire et de l’aorte ascendante sont inférieurs à ceux présentés en pré-opératoire (p<0.0001). A l’inverse, la crosse aortique (p=0.018) et l’aorte descendante (p=0.023) présentent une majoration minime (moins de 1mm en moyenne) mais significative de diamètre en post-opératoire. Ces résultats sont à interpréter en regard de l’évolution naturelle des diamètres de l’aorte thoracique avec l’âge (environ 1mm par décade).

Le follow-up des 397 patients opérés ne révèle qu’une réopération tardive pour dilatation de la crosse aortique, mais le patient ne présentait ni une valve aortique bicuspide ni une maladie de la matrice extracellulaire. 5 patients ont développé une dissection de la crosse aortique, desquels 4 ont bénéficié d’un traitement conservateur. Conclusion Au vu des résultats de cette étude, il n’est pas raisonnable de réaliser systématiquement un remplacement de l’(hémi-)arche aortique en cas de dilatation de l’aorte ascendante. En effet, le suivi à long terme ne montre en moyenne qu’une majoration négligeable cliniquement du diamètre de la crosse aortique et la survenue d’accidents aortiques aigus au niveau de la crosse n’est pas supérieure dans les cas de bicuspidie aortique.

Affiliations

Quentin Binet1,2, Christophe de Meester1,2, Geoffrey Colin3, David Vancraeynest1,2, Laurent de Kerchove4, Anne-Catherine Pouleur1,2, Agnès Pasquet1,2, Bernhard L. Gerber1,2, Gébrine El Khoury4 and Jean-Louis Vanoverschelde1,2.

Promoteur: Pr. Jean-Louis Vanoverschelde

1 Pôle de Recherche Cardiovasculaire, Institut de Recherche Expérimentale et Clinique, Université Catholique de Louvain, Bruxelles, Belgique

2 Service de Cardiologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles, Belgique

3 Service de Radiologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles, Belgique

4 Service de Chirurgie Cardio-vasculaire, Cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles, Belgique

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