Caractérisation de la variabilité interne et intra familiale dans la polykystose rénale autosomique dominante

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Henry Gaspard Publié dans la revue de : Novembre 2018 Rubrique(s) : Mémoires de Recherche Clinique
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Résumé de l'article :

Promoteurs

Olivier Devuyst et Nathalie Demoulin

Mots-clés

PKD1, PKD2, PRAD, IRT, eGFR, htTKV, variabilité intra familiale, troncant, non troncant, allèle

Article complet :

La polykystose rénale autosomique dominante (PRAD) est la maladie héréditaire rénale la plus fréquente, représentant 5 à 10 % des patients nécessitant une greffe rénale. PRAD est caractérisée par le développement de nombreux kystes dans les deux reins, menant à l’insuffisance rénale terminale (IRT) avant l’âge de 60 ans dans environ 50% des cas. C’est une maladie multi-systémique affectant potentiellement le foie, le pancréas, le coeur et les artères intracérébrales. PRAD est hétérogène d’un point de vue génétique, causée par des mutations au niveau de PKD1 et PKD2.

Des études précédentes ont décrit une variabilité interfamiliale du phénotype rénal dans PRAD et en ont analysé ses déterminants. Nous avons voulu étudier ces différents déterminants (à savoir le locus génique PKD1 vs PKD2, l’allèle génique PKD1 troncant vs non troncant et le sexe) et leur influence sur l’âge d’arrivée en IRT, l’eGFR et le volume rénal total pour des patients insuffisants rénaux aux Cliniques Universitaires Saint Luc (CUSL). Nous avons également étudié la variabilité intrafamiliale et ses différents déterminants en terme d’âge d’arrivée en IRT.

En utilisant la cohorte CUSL constituée de 825 patients, 45 cas pédiatriques et non PRAD ont été exclus et 173 membres de familles pour lesquels des données sur l’IRT étaient disponibles ont été rajoutées, résultant en une population totale de 953 patients. L’âge médian de la cohorte est de 55 ± 16 ans, 51% sont IRT, 28% ont été génotypés et 52% ont un génotype personnel ou familial connu.

Nous avons confirmé que le locus génique (PKD1 vs PKD2) était significativement corrélé au phenotype rénal dans la sub-population de 493 patients avec un génotype familial. Cependant nous n’avons pas pu démontrer l’effet de l’allèle sur le phénotype rénal. L’âge médian d’arrivée en IRT est de 50, 52 et 63 ans respectivement pour les patients PKD1 troncant, PKD1 non-troncant et PKD2. Notre hypothèse pour expliquer l’absence d’effet allélique sur le phénotype dans notre cohorte est la différence de population étudiée par rapport aux études précédentes. En ce qui concerne l’effet du sexe, les femmes ont des reins plus petits et une meilleure eGFR mais arrivent en IRT un peu plus rapidement que les hommes.

Nous avons démontré que la variabilité intrafamiliale est moins importante que la variabilité interfamiliale en terme d’âge d’arrivée en IRT, d’eGFR et de volume rénal total. Quand nous comparons la variabilité intrafamiliale en terme d’âge d’arrivée en IRT entre PKD1 troncant et non-troncant, la différence d’âge médiane est de 12 vs 10 ans dans PKD1 troncant VS non-troncant. De plus, nous avons démontré une variabilité intrafamiliale plus importante dans le groupe PKD1 troncant, bien que non significative.

Une meilleure caractérisation de la variabilité intrafamiliale ainsi que l’identification de ses différents déterminants demeurent un défi important pour les prochaines études.

 

AFFILIATIONS

Cliniques universitaires Saint-Luc, Service de Néphrologie, Avenue Hippocrate 10, B-1200 Bruxelles

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