Arthroplastie du genou : unicompartimentale vs. totale « Évaluation du muscle quadriceps et impact du garrot compressif »

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Aurélie Vanden Berghe, Emmanuel Thienpont Publié dans la revue de : Juillet 2018 Rubrique(s) : Mémoires de Recherche Clinique
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Résumé de l'article :

Promoteur

Pr. Emmanuel Thienpont

Mots-clés 

Genou, arthroplastie, quadriceps, préconditionnement ischémique

Article complet :

INTRODUCTION

Depuis son introduction dans les années 1960, la prothèse de genou poursuit une évolution constante afin de traiter au mieux la gonarthrose. Qu’elle soit totale ou unicompartimentale, l’objectif du traitement est identique : soulager le patient de ses symptômes afin de lui permettre de revenir rapidement à une vie normale. Certaines études démontrent néanmoins, une meilleure récupération fonctionnelle chez les patients opérés d’une prothèse unicompartimentale (PUC) par rapport aux patients opérés d’une prothèse totale (PTG). Notre étude se base sur l’hypothèse qu’un patient éligible pour une PUC aurait, au départ, un muscle quadriceps plus fort, plus puissant et par conséquent plus performant qu’un patient éligible pour une PTG. Ces propriétés musculaires initiales joueraient un rôle prépondérant dans la meilleure récupération observée chez les patients opérés de prothèse unicompartimentale.

 

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Dans cette étude, nous réalisons une comparaison objective de la force et de la puissance générée par le muscle quadriceps entre ces deux types de patients grâce à l’utilisation de la Leg Press Keiser A420. Cette comparaison est effectuée pour la période pré et postopératoire. En parallèle, nous évaluons aussi les données recueillies de tests validés connus tels que le test de marche de six minutes, le Timed Get Up & Go test ainsi que les questionnaires rapportés par les patients : KOOS (Knee Injury and Osteoarthritis Outcome Score) et FJS-12 (Forgotten Joint Score-12). En complément, nous nous intéressons au préconditionnement ischémique réalisé dans le cadre de l’arthroplastie du genou. Certains articles font référence à ce sujet mais aucun consensus n’est encore établi quant au bénéfice potentiel de son application dans ce domaine spécifique. Nous tenterons donc de répondre à la question d’un éventuel intérêt à la réalisation d’un préconditionnement ischémique du quadriceps avant une arthroplastie du genou.

 

RÉSULTATS

L’analyse préopératoire objective de meilleures capacités musculaires pour les futures jambes opérées des patients du groupe PUC par rapport aux PTG. Les jambes saines controlatérales n’ont pas montré de différence entre les deux groupes. L’analyse postopératoire met en évidence l’apparition d’une différence de force significative entre les jambes saines des groupes PUC et PTG. Cette constatation réside dans l’amélioration de la force de la jambe saine du groupe PUC avec une force moyenne passant de 1162 ±86 N à 1419 ±158 N et une dégradation de la jambe saine du groupe PTG avec une force moyenne passant de 1018 ±98 N à 961±141 N. Le préconditionnement ischémique préopératoire du muscle quadriceps n’a pas démontré d’impact significatif.

 

CONCLUSION

Les patients candidats à une arthroplastie unicompartimentale du genou ont, en moyenne, un meilleur muscle quadriceps que les patients candidats à une arthroplastie totale. Cette tendance s’accentue en postopératoire avec la constatation inattendue d’un impact défavorable de la chirurgie sur le muscle de la jambe saine controlatérale des patients opérés d’une PTG. Le préconditionnement ischémique n’a démontré aucun intérêt dans cette étude.

 

AFFILIATIONS

Cliniques universitaires Saint Luc, Service d'orthopédie et traumatologie, Av. Hippocrate 10, B-1200 Bruxelles, Belgique

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